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L’été en slow motion

11 juillet 2018
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Et si on ralentissait vraiment, pour calmer nos vies hyper connectées et laisser la lenteur rythmer notre quotidien ? Cela nous permettrait de nous ré-approprier le temps tout en devenant plus présent.

Chez Takinoa, on aime prendre son temps. Observer la lenteur des végétaux qui poussent, celle des cuissons basse température et celle de la digestion. Et, ce n’est pas un hasard si notre nom évoque l’absence de vitesse, en associant le préfixe taki (rapidité en grec) au suffixe no, absence de. C’est scientifiquement prouvé, le sommeil, les moments de pause ou d’oisiveté sont essentiels à la bonne santé de nos neurones. En mode off, nos fonctions cognitives et cérébrales se rechargent et se réparent (1). L’humeur se stabilise, la capacité de concentration augmente et la créativité se démultiplie.

Retrouver le goût de savourer

Chaque été, depuis 18 ans, le groupe canadien Les lents d’Amérique célèbre la Journée Internationale de la lenteur, afin de rappeler au public les vertus d’une allure de tortue et montrer comment y parvenir plusieurs fois par jour (2). Sylvaine Pascual, coach en développement personnel qui salue l’initiative, précise : « Ralentir ne signifie pas glisser dans son agenda quelques heures de yoga ou de méditation (…). C’est retrouver le sens du temps, et accorder celui nécessaire à chaque chose, cest retrouver le goût de savourer, d’écouter, de faire une chose à la fois, daccorder toute son attention à quelque chose ou quelqu’un. D’écouter nos besoins et dy répondre, de réfléchir au sens que nous voulons donner à nos vies, de profiter de la compagnie de ceux qui nous entourent ». Hélas, en ces temps de super 5G, lever le pied n’est pas toujours bien vu ni donné à tout le monde. Quelques astuces pour passer en première, vraiment.

Plus présent avec le farniente

Le farniente n’est ni une sieste, ni le signe d’une fainéantise congénitale. Ne rien faire plusieurs fois par jour permet au contraire de ré-apprendre la présence, préambule indispensable à l’apprentissage de la lenteur.  En « soustrayant son attention du passé et du futur » comme l’écrit Ekhart Tolle dans Le pouvoir du moment présent, et en ne considérant que le présent qui nous entoure, on parvient à se détacher des petites voix du mental et s’ancrer un peu plus dans sa propre vie. Pour cela, il suffit de passer 10-20 minutes par jour à ne rien faire du tout. Installé dans un lieu où la nature est présente (parc, jardin, lac, montagne, forêt), le téléphone en mode avion, et pas forcément dans un endroit désert, on est là, les yeux et les oreilles grand ouverts. On voit la nature, des gens passer, des enfants jouer, des nuages qui filent dans le ciel ou des feuilles qui frémissent. On entend des voix, des chants d’oiseaux ou les bruits de la ville qui résonnent au loin.

Témoin silencieux des éléments qui nous entourent, nous voyons progressivement disparaître de notre esprit la liste des courses et le planning de la journée. Une forme de paix intérieure s’installe, la petite voix du mental s’estompe. Au bout de quelques minutes, nous nous sentons un peu plus libres et un peu plus présents. Ces instants de connexion avec soi-même qui peuvent s’apparenter à une forme de méditation éveillée sont aussi bénéfiques qu’une petite sieste. A terme, ils permettent de vivre en pleine conscience du moins pendant quelques instants. Une fois ce rituel de farniente adopté on peut envisager d’autres petits stratagème pour ralentir.

Mangez dehors, vivez dehors, lâchez (un peu) les écrans

Prenez vos repas dehors le plus souvent possible, car la sensation de bien-être éprouvée en extérieur permet de ralentir le rythme auquel on mange, même installé sur un banc ou sur le sol. L’été, on peut aussi sortir le canapé dans le jardin et ainsi dire adieu à la télé et aux écrans.

Une chose à la fois

Ceux qui ont déjà testé l’adage « une chose à la fois » savent combien notre efficacité augmente dès que l’on se concentre sur une seule tache à la fois. La plupart des dirigeants d’entreprise appliquent cette méthode, mais leur planning est-il si différent de celui d’une mère de famille qui travaille ? En appliquant cette simple méthode, on se sent un peu plus en contrôle de sa vie et de son temps, moins coureur de fond.

Piquez du nez

Siestez sans honte, même brièvement, autant que souhaité et avant que la fatigue ne se fasse sentir. Et si vous n’y arrivez pas ou que vous n’osez pas, visionnez quelques épisodes du Mentalist, où le principal détective Patrick Jane ne parvient à percer les énigmes qu’à l’aide de roupillons réguliers.

Pensez à respirer

Sans se lancer dans un stage de Pranayama avancé, on peut apprendre à gérer sa respiration en vue de réduire son stress et ainsi ralentir son rythme tout naturellement. Il suffit d’effectuer de simples respirations abdominales et profondes, les mains placées sur le ventre en bloquant l’air 3 secondes entre l’inspiration et l’expiration. Cette méthode qui oxygène le cerveau permet de se relaxer instantanément.

Apprenez à flâner

Flâner sans but, sans que chaque seconde soit rentable est une activité de plus en plus difficile à réaliser. Commençons alors par apprendre la flânerie rentable, celle qui a un objectif, comme une heure de flânerie en librairie pour trouver le roman de l’été. Telle une abeille on butine de livre en livre et parfois, la balade est plus agréable que le destination. Si vous revenez bredouille, ce n’est pas la fin du monde et vous n’aurez pas perdu votre temps. Vous aurez découvert des nouveaux auteurs à votre rythme et sans passer une heure devant un écran.

La tête dans les nuages

Si la mobilité et l’hyper-connexion sont aujourd’hui reines, ralentir peut être considéré comme un mouvement de résistance. A la station de bus, oubliez le smartphone pour regarder le ciel, un arbre, l’horizon, un oiseau, ou les gens, sans jugement ni comparaison. C’est plus fort que nous, un sentiment de bien-être nous envahit parce qu’on respire plus et mieux.

En vacances

Le mot vacant signifie libre, inoccupé, oisif. Pas la peine donc d’inscrire les enfants à un série d’activités estivales qui nécessiteront encore un planning et des déplacements. Eux aussi ont, durant l’année, des emplois du temps de ministres. Sans doute préfèrent-ils ne rien faire avec vous, plutôt que de sauter sur des châteaux gonflés avec de parfaits inconnus de leur âge. Anticipez le moins possible leurs désirs, vous ne savez pas comment ils se sentiront et prévoyez peu d’activités, cela vous permettra de vous laisser porter par les envies du moment et par les rencontres.

Idem pour la cuisine. Si d’habitude vous cuisinez tous les soirs, évitez de reproduire cet automatisme et déchargez-vous sur votre famille, vos amis ou enfants. D’autant que cela vous laissera un moment pour ne rien faire, pour lire un de ces livres qui parlent de la lenteur (3), ou pour marcher, respirer, méditer ou juste regarder vos proches.


1) Sleep recalibrates homeostatic and associative synaptic plasticity in the human cortex: https://www.nature.com/articles/ncomms12455

2) https://www.facebook.com/Journée-Internationale-de-la-Lenteur-231231726890744/

3) Quelques livres  sur la lenteur :

  • Histoire de l’escargot qui découvrit la lenteur, de luis Sepuvelda
  • Du bon usage de la lenteur, Pierre Sansot
  • Éloge de la lenteur,  de Carl Honoré
  • La découverte de la lenteur, de Sten Nadolny
  • Ralentissez, de Stephan Serzmann

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